Groww

Entretien avec Thibaut Martini, co-fondateur de Groww.

A propos de vous

Quelques mots sur vous pour commencer (votre parcours, vos motivations pour vous lancer dans entrepreneuriat, etc) ? Êtes-vous un expert du jardinage ?

Je suis paysagiste concepteur, avec une formation préalable en aménagement paysager. J’ai donc un regard plus orienté sur l’usage des plantes que sur leur production. Ma motivation première pour participer à l’aventure Groww est l’idée de pouvoir contribuer à la vie de milliers de jardins par de bons conseils.

L’application Groww en quelques mots

Pourriez-vous décrire en quelques mots l’application Groww ? (quand l’avez-vous lancée, avec quels objectifs, où êtes-vous situés, etc)

Lancée en 2015, Groww a pour fonction première de dire aux jardiniers en herbe quoi faire chaque jour selon les plantes qu’ils possèdent. Nous avions tout juste 100 plantes en base de donnée au départ – 1500 aujourd’hui. Nous cherchons à améliorer l’expérience jardinage, à la faciliter, et à éviter au maximum de conseiller de se lancer dans des opérations trop complexes. Les fonctionnalités parallèles de l’appli – identification des plantes, gestion des projets, Chat et prise en compte de la météo – qui ont été développées par la suite visent à compléter la fonctionnalité de départ.
Nous avons aujourd’hui une rétention forte comparé à la moyenne des applis, et des utilisateurs qui nous suivent depuis plusieurs années. L’objectif d’ici la fin de l’année est d’obtenir 5000 abonnés.

Combien êtes-vous aujourd’hui ? A combien vous êtes-vous lancés dans l’aventure ?

Nous sommes actuellement 3 – Benoit Gryspeerdt est gérant, Boris Tacyniak est développeur « full stack », et moi – Thibaut Martini – je m’occupe principalement des contenus.

L’application est-elle payante ? Avez-vous d’autres sources de rémunération (Shop sur internet ?)

L’application est devenue payante le 19 février 2018, nous avons également un petit shop de goodies – t-shirts et mugs rigolos – et avons laissé de côté la vente de plantes.

Combien d’utilisateurs avez-vous aujourd’hui ? Quels sont leurs profils (âge, expertise en jardinage, …) ?

Nous avons eu le mois dernier 1220 utilisateurs actifs – qui ont accompli au moins une action. Nous avons quelques experts avec des centaines de plantes, mais la majorité des utilisateurs possède entre 5 et 30 plantes et a entre 35 et 50 ans.

Technologies & Services

Comment vous différenciez-vous de solutions comme le Parrot Flower Power ?

Tout d’abord, le Flower Power n’est plus commercialisé – il reste certes des solutions concurrentes.
Une des explications selon nous est que les solutions techniques proposées ne sont pas encore satisfaisantes vis à vis du besoin réel des utilisateurs. Il faut par exemple être connecté au même réseau wifi, être à moins de 10 m de l’objet, et en avoir une par pot ou par zone du jardin.
C’est plutôt lourd cher pour déduire un rythme d’arrosage : jardiner nécessite d’autres informations que nous fournissons ; quand éclaircir après un semis, quand butter ses pommes de terres, quand tailler ses pommiers, etc.

Par rapport au Parrot Pot :

Notre philosophie de départ est à l’opposé, nous pensons que le jardinage est une activité qui participe au développement individuel. « Grow your garden, grow yourself. » Nous voulons donc faciliter l’accès à cette activité, pas la confier à une machine.Notre spécificité est liée au fonctionnement du monde du développement. Contrairement aux acteurs de l’industrie qui sont sur des temps de production longs, nous pouvons rapidement réagir en fonction des retours utilisateurs. Nous procédons par un cycle – hypothèses, premier développement, essais, éventuelles corrections, évaluations des retours – qui débouche sur un nouveau cycle d’améliorations.

En quelques mots, comment fonctionne la reconnaissance automatique des plantes ?

Un réseau de neurones « éduqué » à partir de millions de photos de plantes examine l’image fournie. Il utilise les critères de discrimination mis au point lors de son apprentissage préalable –  technique de « deep learning » – pour évaluer à quelle espèce appartient l’image examinée, parmi les 1040 qu’il connait aujourd’hui.

Secteur agricole & Ecosystème Agritech

Travaillez-vous avec d’autres startups Agritech ?

Nous suivons nos voisins de l’incubateur Euratechnologies de Sencrop, mais étant sur une activité de B to C nos problématiques sont assez éloignées.

Quel est votre perception du secteur de l’Agriculture aujourd’hui et de sa mutation numérique ? Pensez-vous que le numérique puisse aider les agriculteurs à produire mieux et moins cher ?

Question difficile pour nous qui abordons seulement le thème de l’auto production, mais il y a évidemment des choses à développer.
L’amélioration des outils d’analyse et de compréhension aussi bien que l’optimisation et la mutualisation des transports et de l’utilisation du matériel participent à l’avancée de la filière. Le défi n’est pas tant dans la technique que dans les idées, dans l’invention de nouvelles pratiques s’appuyant sur les solutions numériques.

Et maintenant ? Quels sont vos projets futurs pour Groww ?

Cette année à court terme, nous proposons un chat dans l’appli > pour nous poser toutes les questions qui ne trouvent pas de réponse dans l’app. Ensuite, nous voulons intégrer la météo, avec pour objectif d’adapter le rythme des arrosages aux précipitations réelles, mais aussi de pouvoir envoyer des alertes froid et sécheresse ponctuelles.
Pour l’année prochaine, l’objectif est de développer une fonctionnalité sociale, pour que la communauté puisse interagir et participer à l’amélioration des conseils.

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