Guillaume, éleveur en Dordogne

Entretien avec Guillaume, éleveur en Dordogne.

Pourriez-vous décrire votre activité et votre exploitation ?

Avec mon associé, nous avons une exploitation laitière avec 650 chèvres et 70 vaches laitières à Champagne-Et-Fontaine, en Dordogne. Nous disposons également de 200ha SAU (Surface Agricole Utile) qui servent à nourrir les animaux.

Avez-vous toujours été agriculteur ? Quel est votre parcours ?

Oui, j’ai toujours été agriculteur. Après ma formation agricole, mon associé et moi avons créé une exploitation en 2006. Nous avons acheté des terres, les avons fait évoluer, …

N’est-ce pas difficile aujourd’hui pour un jeune agriculteur de créer une exploitation en sortie d’études ?

C’est très coûteux, il faut se battre. Ce n’est pas facile, avec les banques, l’administration, … Si on n’en veut pas, on ne le fait pas. Ce qui m’a poussé c’est la passion du métier. Vouloir être éleveur, agriculteur, produire, être indépendant.

Combien de personnes travaillent dans l’exploitation ?

Normalement on a deux personnes. Une personne pour l’élevage (pour les troupeaux, les travaux dans les champs, …) et une personne pour la fabrication fromagère.  Actuellement c’est un peu compliqué. J’ai perdu une personne et je cherche donc quelqu’un. Mais les RH (Ressources Humaines) c’est difficile dans ce secteur. C’est un métier qui est difficile au niveau horaires, permanences, … C’est un secteur d’activités avec très peu de candidats. On poste des annonces sur des sites français ou anglais. On a une région qui est peuplée d’anglais. Les anglais sont très actifs et ont une certaine capacité d’adaptation.

Comment vendez-vous votre production ?

Nous travaillons avec trois départements (le Nord de la Dordogne, Champagne et le Nord/Sud de la Charente). Nous travaillons essentiellement avec des revendeurs. Nous avons quelques marchés locaux (vente directe sur le lieu d’exploitation).

Quelles problématiques rencontrez-vous dans la conduite de vos activités ?

Aujourd’hui, on prend les agriculteurs pour faire partie du paysage et pas pour vivre de leur production. Je pense que le monde agricole va mal, très mal. Chacun veut être libre de son travail mais les agriculteurs ne sont pas rémunérés à hauteur de leur travail.

Qu’aimez-vous dans votre métier ? A l’opposé, que n’aimez-vous pas ?

On travaille avec des animaux. Si ne les aime pas, on ne peut pas les élever. On ne le fait pas pour nous, on le fait pour eux. Certains travaillent avec des êtres humains, nous travaillons avec des animaux. On doit les respecter. Même quand ça va mal on le fait pour eux. Eux n’y sont pour rien.

Des choses qu’on n’aime pas faire ? On a l’un des plus beaux métiers du monde. Les choses qu’on n’aime pas faire on apprend à les aimer.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.