Jean-Luc, éleveur en Mayenne

Entretien avec Jean-Luc, éleveur de blondes d’Aquitaine en Mayenne :

Bonjour Jean-Luc, pourriez-vous décrire en quelques mots votre parcours et votre activité actuelle ?

J’ai 38 ans et suis installé à mon compte comme transporteur depuis 2001. En 2013, j’ai repris la ferme de mes parents qui partaient à la retraite, à St Quentin les Anges. Mon père a continué de s’en occuper quelques temps pendant que je poursuivais mon activité de transporteur. En 2017, j’ai pris la décision de complètement arrêter de rouler et de développer la partie agricole. J’ai également un oncle agriculteur (frère de ma mère) qui envisage d’arrêter son activité agricole à horizon fin 2018. En regroupant sa ferme et celle de mes parents, je vais pouvoir obtenir une superficie d’exploitation et un chiffre d’affaires suffisamment viables. Ma compagne s’installera également avec moi en fin d’année 2018.

Mes parents avaient tous les deux une activité professionnelle en plus de la gestion de leur ferme. Ils avaient une superficie de seulement 27 ha, donc pour vivre à deux dessus c’était impossible.

Aujourd’hui, je dispose de 65 vaches allaitantes, de race blonde d’Aquitaine et de 55 ha. D’ici à fin 2018, en regroupant ma ferme et celle de mon oncle, j’espère monter à 100 (100 vêlages par an) et à 150 ha d’exploitation (environ 80 ha de prairie, 60 ha des céréales (blé, orge, colza) et 10 ha de mais pour nourrir les bêtes).

Qu’advient-il de votre activité de transporteur ?

En tant que transporteur, j’ai eu jusqu’à neuf salariés. Aujourd’hui il ne me reste plus qu’un camion. A l’automne dernier, j’ai arrêté cinq camions. Historiquement je m’étais lancé en bétaillère (transport d’animaux vivants). En 2017, j’avais trois frigos industriels et une bétaillère. Aujourd’hui, j’ai gardé la bétaillère et un chauffeur.

Comment en êtes-vous venu à devenir transporteur ?

A l’origine j’ai un bac agricole et un BTS agricole (ACSE). Mon père était marchand de vaches et mon oncle était transporteur (le frère de mon père cette fois-ci). Il partait à la retraite et j’ai repris son camion. J’ai été quelques mois sans salariés (5 mois après j’avais un salarié).

Pourriez-vous parler un peu de votre production ?

Je vends des broutards (jeunes mâles de 6 mois) de 300kg à des coopératives ou bien à des négociants privés. Ils partent ensuite dans les ateliers d’engraissement. Des ateliers d’engraissement, il y en a beaucoup en Italie et en Espagne. Mes broutards partent surtout en Italie, car les italiens achètent de la meilleure qualité.

Je vends aussi de la viande bovine pour les abattoirs (de vieilles vaches qui ont entre 8 et 12 ans). Normalement il y a environ 30% de renouvellement par an. De mon côté j’ai plutôt 15% de renouvellement par an.

 

Quelles problématiques rencontrez-vous dans la conduite de vos activités ?

Ce qui est vraiment contraignant c’est la fluctuation des prix. Il y a d’abord les fluctuations liées au secteur agro-alimentaire. Par exemple, une vache de réforme que je vendais 4€ pour 1kg de carcasse, cette année elles sont à 3,7€/kg seulement. Il y a apparemment de moins en moins de consommation liée notamment au courant vegan. J’ai toutefois du mal à croire que cela puisse faire baisser le prix de la viande.

Ensuite il faut savoir que le secteur agricole est le seul monde où il n’y a pas de factures. Que ce soit pour le viande ou le lait, les abattoirs font des bons d’achat. Les agriculteurs disent qu’ils ont une « paie de lait ». Quand mon marchand de viande me prend une vache, il me dit : « je vais peut-être pouvoir t’avoir tel prix ». C’est l’abattoir qui définit ensuite le prix. Cela s’appelle les grilles de cotation. Ces prix sont définis à partir de la tendance de l’offre et de la demande sur les marchés aux bestiaux. Il y en a cependant beaucoup moins à cause de problématiques sanitaires. Si c’était les agriculteurs qui facturaient directement leur production, peut-être qu’alors le rapport de force avec les industriel s’inverserait. Les prix agricoles se négocieraient par rapport à un coût de production et non par rapport au prix imposé par les industriels. Aujourd’hui, un grand groupe agroalimentaire représente une part très significative de la demande (70%) et il n’a donc pas intérêt à ce que les prix montent. Il est en position de force.

Les démarches administratives (PAC, Chambres d’agriculteurs, Groupement de Défense Sanitaire, Établissements d’élevage, Identification/Traçabilité, …) sont aussi lourdes. On dit qu’un agriculteur fait vivre cinq personnes autour de lui, notamment par le travail administratif généré par son activité. On nous reproche parfois de bénéficier de beaucoup d’aides mais cela permet de payer ces cinq personnes là.

Nous avons parlé de la revente de votre production. Qu’en est-il de l’achat de vos équipements agricoles ?

Pour le matériel de culture, je travaille avec 2 garagistes. Il y en a à 5km et l’autre à 15km. A 5km c’est un petit mécano de campagne, je ne lui achète rien de très technique (du matériel de première nécessité et de réparations). L’autre garagiste, un concessionnaire, je lui achète les semoirs, distributeurs d’engrais, etc.

Pour les semences et engrais, je travaille avec deux privés qui ont récemment été achetés chacun par une  coopérative différente.

Avez-vous déjà acheté du matériel agricole sur internet ?

J’ai déjà acheté du matériel agricole sur internet, surtout de l’occasion.

Qu’est-ce qui vous fait rester dans ce métier ?

La passion et le capital. Je m’explique. Malgré les faibles rémunérations, on arrive à capitaliser malgré tout. Les terres agricoles valent de plus en plus chères et ne devraient pas baisser dans l’avenir. En Allemagne et au Pays-Bas les terres valent 5 fois plus que chez nous. En France , les prix sont en moyenne de 7 500€ par hectare, en Allemagne et au Pays-Bas c’est respectivement 20 000€ et 50 000€ par hectare. Acheter de la terre sera mon objectif dans l’avenir mais pour le moment je focalise mon attention sur mon cheptel, les bâtiments et le matériel.

Je ne connais pas beaucoup de métier qui englobe autant de métiers différents. J’ai des problèmes avec mes veaux là. Je suis vétérinaire je sais faire des perfusions. Je suis sage-femme : je fais une centaine de vêlage par an. C’est un plaisir, on est amoureux de nos vaches. Parfois on en a marre. Mais c’est quasiment comme un animal domestique comme un chien ou un chat, le sentiment est très similaire avec chacune de mes vaches.

Quand on monte sur nos tracteurs pour semer et que quelques semaines après on va voir s’il n’y a pas de maladies, c’est extrêmement intéressant. On est capable de faire de la soudure, de la mécanique, de la maçonnerie, de la plomberie, de l’électricité, …

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