Nathalie de Bartillat, Maire d’Apremont-sur-Allier

Crédits : photo extraite du site d’Apremont-sur-Allier //

Entretien avec Madame Nathalie de Bartillat, Maire d’Apremont-sur-Allier :

Madame le Maire évoque ses liens avec le secteur agricole, à travers ses fonctions d’élue et de sa propre exploitation agricole, récemment mise en fermage.

Pourriez-vous décrire en quelques mots votre activité de Maire d’Apremont-sur-Allier ?

Je suis Maire d’Apremont-sur-Allier depuis 2008 (2ème mandat). Il s’agit d’une petite commune (classée parmi les Plus Beaux Villages de France) de 73 habitants située à proximité de Nevers, dans le Cher. Apremont-sur-Allier s’étend sur 3500 ha, un assez grand territoire compte tenu du nombre d’habitants. Je participe aussi à à la gestion de notre Communauté de communes en tant que Vice-Présidente chargée de la mutualisation.

Apremont-sur-Allier

J’avais envie d’être Maire pour connaître les gens. Au départ, je voulais devenir Conseiller Municipal pour participer à la vie du village et mieux connaître les habitants. Après 10 ans de mandat, ce lien avec mon village manquerait maintenant.

Quels liens avez-vous avec les agriculteurs en tant que Maire ?

Je suis dans une région très agricole, principalement de l’élevage de charolais. Seule mon exploitation a son siège social à Apremont-sur-Allier mais autour de moi, il y a de nombreuses communes rurales et agricoles.

J’essaie aujourd’hui de monter avec les agriculteurs de la Communauté de communes une unité de méthanisation dans les environs. C’est un nouveau projet pour lequel je dois travailler avec des agriculteurs. L’idée est de brûler des déchets agricoles mais aussi des ordures ménagères pour récupérer du gaz qui serait ensuite renvoyé vers le réseau GrDF. C’est un projet assez coûteux, et il faut que suffisamment d’agriculteurs soient partants pour le lancer.

Comment se répartit votre activité ? Qu’est-ce qu’une journée type ?

Je ne suis pas Maire à plein temps. J’y suis toujours le lundi et mardi et reste par ailleurs systématiquement joignable. Je reste toujours connectée à la mairie en quelque sorte. C’est un petit village touristique donc il y a des choses spécifiques à ce village. Nous organisons des manifestations, des évènements, … Cela permet d’arrondir le budget communal.

Quelles problématiques rencontrent les agriculteurs autour de vous ?

Tout ce qui est administration, bureaucratie est compliqué pour les agriculteurs. Les normes évoluent régulièrement, cela peut les contrarier. Le coût du matériel agricole est également un sujet, ils sont souvent très endettés. La rentabilité est très mauvaise depuis 10 ans. Je pense qu’il va y avoir de moins en moins d’éleveurs, le marché de la viande est très mauvais.

Il y a également les catastrophes sanitaires. Il y a 2 ans, nous n’avons pas eu le droit d’exporter nos bovins (broutards) en Italie.

Les marchés boursiers, très volatiles, posent aussi problème. L’argent nécessaire pour produire reste le même mais les cours évoluent. Le travail n’est pas valorisé de la même façon en fonction des années. J’ai un cousin agriculteur dans la Somme (il produit de la betterave, des pommes de terre, …) qui m’a dit qu’il ne s’en sortait pas. Le cours du sucre a baissé.

Concernant le matériel agricole, je sais qu’il y a toujours un problème de pièces de rechange. Mon cousin par exemple faisait 500 km pour aller trouver la pièce dont il avait besoin. Quand il y a 3 jours de beau temps et qu’il faut moissonner, c’est très problématique si une pièce d’usure manque et que les distributeurs n’ont pas de stock.

Vous possédez vous-même une exploitation agricole, pourriez-vous en dire quelques mots ?

J’avais une exploitation agricole mais c’était un petit peu spécial. J’étais la gérante mais disposais d’un prestataire pour s’occuper concrètement des activités agricoles. Je m’occupais plutôt de la partie comptabilité et de la trésorerie. Comme la rentabilité n’était pas là (trop de charges structurelles), nous avons décidé de mettre l’exploitation en fermage.

Pour quelles raisons l’exploitation n’a-t-elle pas marché ?

Nous venons de passer des années catastrophiques. Il y a eu une conjonction d’aspects négatifs entre les rendements trop moyens d’une part et les mauvais cours des marchés agricoles d’autre part. Comme j’avais un prestataire, j’avais en plus des charges supplémentaires dans ce contexte difficile et j’ai pris sans gaité de cœur, la décision d’arrêter.

Aujourd’hui le fermier qui travaille sur mon exploitation s’en sort car il est à la fois propriétaire de terres, fermier et prestataire travaux à façons en même temps. Il y a une sorte d’équilibre qui fait que lorsque ça ne marche pas pour lui d’un côté, ça marche de l’autre.

Un mot pour finir sur le marché à bestiaux de Sancoins ?

Il s’agit du marché des Grivelles. Il y a eu un moment où le système a changé (il y a 4/5 ans) et aujourd’hui, le marché est bien reparti. C’est l’un des plus gros marchés à bestiaux en France et en Europe.

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