Lauriane, vigneronne et productrice de safran en Gironde

Entretien avec Lauriane, vigneronne et productrice de safran à Nérigean, en Gironde. Lauriane évoque son activité et son parcours.

Bonjour Lauriane, pourriez-vous décrire en quelques mots votre activité (domaine viticole et production de safran) ?

J’ai repris l’exploitation familiale en 2013 à la suite de mes parents, j’ai repris 25 hectares de vignes et j’ai créer la culture du safran depuis 2013 également. J’ai repris l’exploitation avec ma sœur et mon mari comme employés. Nous travaillons tous les 3 dans le vignoble et la culture du safran. Mon mari s’occupe plus particulièrement des travaux mécanisés. Le domaine viticole est aujourd’hui composé de 27 hectares et 1000m² de culture de Crocus Sativus (nom de la fleur qui nous donnera l’épice). La vigne est travaillée toute l’année en fonction de la nature, nous sommes en lutte raisonnée concernant l’utilisation des produits de traitements. Le safran lui, est en culture bio, donc nous n’utilisons pas de produits chimique pour désherber, tout est fait à la main, avec l’huile de coude ! Il faut compter une semaine de désherbage par mois d’avril à octobre pour le safran.
Concernant la vigne, nous produisons des raisins de cépage merlot, cabernet franc et cabernet sauvignon pour vinifier les raisins ensuite à la cave coopérative de Nérigean-Rauzan. La cave s’occupe de la vendre et nous récupérons une cuvée appelée « Château Les Prênes » issue de nos meilleures parcelles, que l’on vend dans notre boutique.
La coopération nous permet de pouvoir récolter le safran en octobre-novembre sinon nous serions en pleine vinification lors de la récolte et cela ne serait pas possible.

Quel est le processus de fabrication du safran ? Avez-vous un mode de production particulier (j’ai lu sur votre site que vous cultiviez sans pesticide ni engrais chimique) ?

Le processus de fabrication du safran, est assez simple, mais précis, aléatoire et rigoureux. Nous récoltons des fleurs d’octobre à novembre , pendant un mois environ, tous les jours , même deux fois par jour certain jours. La récolte se fait dans des paniers en osier avec un linge en coton à l’intérieur, nous comptons les fleurs que nous ramassons par parcelle.Tous les jours il y a un nombre de fleurs différents. Puis nous nous mettons autour d’une table pour réaliser « l’émondage », c’est le fait d’enlever les filaments rouge de la fleur. Puis vient le séchage des filaments, nous utilisons un déshydrateur pour garantir un safran de qualité à nos clients. Ensuite il sera mis dans un bocal en verre fermé hermétiquement pendant 1 mois minimum pour laisser les filaments se transformer en épice. A chaque étape le safran est pesé frais et sec. Il perdra 80 % son poids au séchage, c’est pour cela qu’il nous faut 150 à 200 fleurs de crocus sativus pour obtenir un gramme de safran sec.

Il faut noter qu’un gramme de safran sec permet de faire un plat pour 80 à 100 personnes tout de même ! Il s’utilise avec parcimonie en cuisine, il suffit de 2-3 filaments par personne/ par plat.

Comment commercialisez-vous vos produits ?

Notre safran n’est vendu qu’en circuit court, et principalement dans la région Bordelaise. Nous avons une boutique à la propriété et faisons des visite guidée toute l’année pour faire découvrir la culture de notre safran !

Quel est votre parcours à vous plus particulièrement ? Avez-vous toujours été agricultrice ?

Mon parcours a été de faire un BAC PRO et BTSA commerce vins et spiritueux à la MFR de Vayres (gironde), puis j’ai travaillé dans une Biocoop pendant 1 an et demi et j’ai ensuite travaillé un an avec mes parents pour reprendre l’exploitation en tant que « jeunes agriculteurs ».
Depuis j’ai eu 2 enfants, la vie d’agriculteur est agréable aussi pour adapter ses horaires avec les enfants, pour les voir grandir, mais il faut aussi travailler intensément quand la météo est capricieuse.

Un mot pour conclure ?

Pour conclure, je suis contente d’être aujourd’hui cultivatrice de bon produits, avec la rareté du safran, cela nous permet de rencontrer beaucoup de monde et la coopération avec la cave coop nous permet de garder notre vignoble familial depuis 5 générations.

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