Carole, viticultrice au Château Garreau

Échange avec Carole, viticultrice et propriétaire du Château Garreau. Carole décrit son activité et ses ambitions pour son Domaine.

Bonjour Carole, pourriez-vous décrire en quelques mots votre Domaine et votre activité ?

Notre Domaine, Château Garreau, est situé au cœur du Bas-Armagnac, là où se trouvent les meilleurs terroirs pour l’Armagnac. C’est un domaine familial, acheté par mon arrière grand père en 1919. Nous l’avons repris avec mon père et mon mari en 2006, prenant ainsi la suite de mon oncle. Au début, avec mon mari, nous faisions cela en parallèle de nos métiers respectifs. Cela fait 3 ans maintenant que nous nous sommes installés à plein temps.

Le domaine fait 82 hectares au total dont 27 hectares de vignes. Le reste est constitué de bois, d’étangs, … Nous sommes dans un cadre naturel remarquable. Il y a beaucoup d’autres choses, de biodiversité, en dehors des vignes. Nous faisons également beaucoup d’oenotourisme car sur le Domaine est situé l’Ecomusée de l’Armagnac, une association créée à l’origine par mon oncle et qui gère la partie musée. L’Ecomusée permet de présenter une partie historique avec des outils anciens pour voir comment les vignerons vivaient et travaillaient auparavant, une partie actuelle (collection d’alambics du domaine, …) et également des expositions temporaires ou permanentes.

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Crédits : https://www.chateau-garreau.fr/fr/

Vous avez parlé de votre précédent métier. Que faisiez-vous auparavant ?

J’étais cadre dans la fonction publique territoriale. Depuis 3 ans j’ai changé d’orientation. Je suis maintenant à plein temps sur le Domaine.

Pour mon mari et moi, cela a été un saut vers l’inconnu, c’est particulier une PME à gérer. Ce n’est pas comme un poste de salarié où un salaire tombe toutes les fins de mois. Il faut promouvoir son produit, le faire connaître suffisamment pour pouvoir investir et payer les salariés à la fin du mois. Nous avons une solide équipe de 4 salariés : un chef de culture, qui est aussi maitre de chai, une dame qui prépare les commandes et travaille dans la vigne, quelqu’un qui s’occupe de l’entretien des espaces verts et enfin une commerciale.

Vous avez lancé une campagne de financement participatif. Pourriez-vous nous en dire plus sur votre projet ?

Nous avons lancé une campagne de financement participatif parce que nous souhaitons faire appel à un cabinet spécialisé pour nous aider à définir notre stratégie digitale. Cela aura peut-être un impact sur le packaging mais pour commencer il s’agit plutôt de revoir la façon de communiquer sur le Domaine et sur nos Armagnacs afin de mieux cibler une clientèle que l’on n’arrive pas à toucher via des salons ou via notre site actuel.

L’Armagnac a une image qui est plutôt celle d’un digestif. Mais il peut en réalité très bien être un apéritif moderne comme le whisky ou encore le rhum par exemple. Nous touchons aujourd’hui plutôt une population d’un certain âge. Nous avons également une clientèle jeune mais ce n’est pas la majorité.

La page de la campagne est accessible ici : https://www.miimosa.com/fr/projets/participez-au-marketing-numerique-de-notre-domaine.

Le cabinet spécialisé que vous mandateriez travaillerait donc principalement sur l’aspect communication ?

Sur la communication, mais aussi sur le marketing, ou même sur nos supports, nos plaquettes,  …. Nous allons commencer sur la partie digitale et après nous verrons progressivement comment cela impacte le reste. Nous communiquons aujourd’hui de façon assez traditionnelle sur Facebook mais ce n’est pas très « pro ». Nous souhaitons établir une stratégie marketing à décliner sur les différents types de support, et en premier lieu le digital.

Nous avons déjà trouvé un cabinet de conseil en digital, spécialisé dans le vin et les spiritueux. Nous avons cherché un peu par le bouche à oreille car c’est important de connaître le secteur et d’avoir des références ! Nous attendons bien sûr d’avoir le résultat de la campagne pour lancer la démarche.

C’est une démarche un peu originale que vous menez, un peu en avance par rapport aux autres viticulteurs autour de vous ?

Nous avons un côté un peu à part dans la famille, nous sommes un peu rebelle d’une certaine façon ! Mon oncle est à l’origine du Floc de Gascogne. A l’époque c’était un véritable sacerdoce de fédérer et sortir un produit comme cela ! Il a également fait beaucoup de recherche sur la distillation et a créé un alambic expérimental.

Nous avons un excellent produit et donc tout pour innover, aller de l’avant.

Le digital vient avec son lot de nouveaux métiers, avez-vous en tête que cela pourrait faire évoluer votre activité et votre quotidien ?

Nous ne le mesurons peut-être pas encore tout à fait. C’est une démarche sur plusieurs mois donc rien n’est fermé. Il y a probablement des choses que l’on va découvrir !

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Crédits : www.chateau-garreau.fr

Comment vous est venue l’idée d’initier cette démarche ?

Cela fait quelque temps que mon mari et moi avons un certain nombre d’idées. Nous avons déjà réalisé des actions ponctuelles mais il n’y avait pas de cohérence et de puissance suffisante pour faire connaître et développer ces idées. Cela s’est ensuite fait un peu par hasard en discutant avec des gens. On nous a conseillé ce cabinet. J’ai pris contact avec eux, vu leurs références et j’ai trouvé que leurs démarches étaient intéressantes et que cela me paraissait pouvoir concrétiser ce que l’on anticipait mais que l’on n’arrivait pas à rendre concret. Un peu comme un sentiment diffus, que vous n’arrivez pas vraiment à concrétiser.

Et vous avez en tête que cette démarche digitale vous permettra de mieux exporter vos produits ?

Oui, nous avons quelques pays en tête en Asie par exemple. Nous travaillons déjà avec l’Australie et il y a également la Grande-Bretagne qui est un bon marché pour l’Armagnac (et moins éloigné !).

Pour conclure, y a-t-il quelque chose que nous n’avons pas évoqué et qui caractérise votre activité ?

Le côté « vivant ». On est sur de l’eau de vie, du dynamique, du fort, du vivant. On aimerait le mettre davantage en avant. Cela se traduit à la fois par le produit et par le métier. Le métier de viticulteur est en lien avec la terre, la nature. Tous les jours nous voyons la vigne pousser, la faune et la flore de notre terroir. Par exemple, nous avons sur le domaine des étangs et beaucoup de haies ou de bois, et donc une biodiversité importante (tortues cistudes…). Et le produit bien sûr, l’Armagnac, à l’époque il y a 700 ans, on parlait de ses 40 vertus : l’Armagnac délie la langue, donne de l’audace, … On raconte qu’il est aussi source de toutes les vertus viriles et de tous les enthousiasmes féminins !

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