Les Saveurs de l’Oustal

Entretien avec Marion, propriétaire des Saveurs de l’Oustal, une petite exploitation familiale développée depuis 2006. Marion évoque son activité ainsi que son parcours.

Pourriez-vous décrire en quelques mots votre activité (localisation, superficie de l’exploitation, date d’installation, mode de production et de commercialisation, histoire du lieu, …) ?

Ce sont mes parents qui sont à l’origine de l’aventure ! En 1998, ils ont eu un coup de foudre pour une campagne laissée à l’abandon lors de l’exode rural. En 2006, mon père s’est installé comme cotisant solidaire en oléiculture, apiculture et transformation des fruits sauvages en confitures : son but était de proposer aux clients tout ce que le terrain peut offrir.

En 2016, j’ai repris en partie l’activité et me suis installée avec 12 ruches et 1,5 ha de vergers oliviers, fruitiers et fruits rouges, sur les communes de Clans et Marie dans la vallée de la Tinée (arrière pays niçois). Ma production est transformée en huile et pâte d’olives, confitures, sirops, et autres gourmandises. Tout est vendu en direct sur les marchés et magasins locaux, à la « ruche qui dit oui » de pont de clans et au « locavor » de nice ouest, sous la marque créée par mes parents « Les Saveurs de l’Oustal ».

A travers cette reprise, mes ambitions sont de continuer le travail de mes parents, continuer de proposer aux clients des produits de qualité, vivre de mon travail, partager mon savoir faire et les saveurs authentiques avec le plus grand nombre.

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L’oustal
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Petit panel de notre gamme de produits

Quel est votre parcours professionnel ? Avez-vous toujours travaillé à l’Oustal ? Si non, que faisiez-vous auparavant et qu’est-ce qui a motivé votre changement de métier ?

J’ai fait des études agricoles (BTS ACSE en apprentissage, licence pro Gestion des Espaces Naturels par l’Agriculture avec un stage de 5 mois sur l’apiculture au sein du PN du Mercantour). A la fin de mes études, j’ai travaillé comme chargée d’étude sur le foncier agricole (recensement des terrains utilisés et utilisables dans la vallée de la Tinée), puis chargée de mission agricole pour le compte de la Métropole Nice Côte d’Azur. Ce fut un travail riche en expériences pour moi, mais les journées au grand air me manquaient.

Je suis donc revenue aux sources pour accomplir mon rêve de m’installer à mon compte en productions fruitières. Pour cela, j’ai travaillé sur des exploitations en apiculture et viticulture, et suivi des formations courtes sur la taille des fruitiers, oliviers et vignes et la transformation des fruits. En parallèle de mes études et ces expériences, j’aidais mes parents sur l’exploitation.

Si je ne me trompe pas, vous produisez en Bio-Dynamie. Pourriez-vous expliquer en quelques mots ce que cela veut dire concrètement ? Pourquoi était-ce important pour vous d’utiliser ce mode de production ?

La Bio-Dynamie est une manière de cultiver qui respecte le cycle naturel des plantes, des animaux et les influences de la lune et des planètes. Les organismes des plantes et animaux sont renforcés par des apports de bouses, silice, tisanes et purins. Ils sont plus résistants aux maladies, sécheresses, et autres stress et poussent de manière plus dynamique.

Ce que j’aime dans cette méthode, c’est qu’elle privilégie la prévention aux traitements, et intègre la culture dans son environnement. Je ne la pratique pas encore, mais compte me former et m’équiper pour le faire correctement dès que possible !

Vous avez lancé une campagne de financement participatif ? Pourriez-vous nous dire quelques mots sur votre projet ?

Pour vivre de mon exploitation et répondre à la demande des clients (quantité, diversité), je souhaite augmenter ma surface de verger, et mettre en place un système d’irrigation performant par micro-aspersion.

En 2016, j’ai acheté un terrain et j’ai déjà réalisé une première plantation en 2017 (fruitiers et fruits rouges). Je souhaite réaliser une nouvelle plantation à l’automne 2018.

Pour réaliser ces investissements, j’ai lancé une campagne de financement participatif via la plateforme Miimosa. C’est une solution pour moi, de donner un nouvel élan à mon projet, pour une mise en place plus rapide, impliquer les clients par un partage positif, et le faire connaître davantage au grand public.

La page de la campagne est accessible ici : https://www.miimosa.com/fr/projets/creation-dun-verger-diversifie-dans-larriere-pays-nicois.

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Le terrain acheté avec la grange
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Les premiers plans de cassis
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Les rangs se préparent pour accueillir la plantation 2018

Qu’aimez-vous dans votre métier ? A l’inverse, y a-t-il des choses que vous aimez moins ? 

Ce que j’aime par dessus tout dans ce métier, c’est travailler au grand air, le contact avec la nature et les plantes, prendre soin de notre environnement. Mais aussi, perpétuer le travail de mes parents et des générations d’agriculteurs de nos villages, partager avec les gens ma passion, faire découvrir mon métier, voir les yeux des enfants qui pétillent en goûtant mes produits sur les marchés, et ceux des adultes qui retrouvent le goût des saveurs de leur enfance.

Ce que j’aime le moins c’est la dépendance vis-à-vis de la météo, travailler sous la pluie, voir sa récolte détruite par les aléas climatiques, et devoir réaliser des traitements pour assurer la récolte.

Y a-t-il un sujet que vous souhaiteriez évoquer pour finir et qui caractérise votre activité ou bien vous tout simplement ?

Mon projet n’est pas seulement un projet agricole, mais aussi un projet de vie. A travers le projet de mes parents et mes travaux pour la Métropole Nice Côte d’Azur, j’ai découvert l’historique agricole de la vallée et constaté qu’il y avait une vraie perte de ce patrimoine, avec de nombreux terrains à l’abandon et la disparition des productions fruitières. C’est ce que je souhaite relancer en plantant de nouveaux vergers et développant cette filière.

Sur le terrain que j’ai acheté en 2016, il y avait une grange utilisée comme bergerie. J’ai entrepris de la restaurer pour en faire ma résidence principale, tout en respectant l’aspect « Grange » d’origine.

Si mon projet aboutit, je serais heureuse d’avoir relevé le défi de vivre dans le village qui m’a vue naître, d’avoir remis en état des terrains abandonnés et de proposer des produits de mon exploitation, de qualité et authentiques.

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La grange

Pour suivre le projet et avoir plus d’informations sur Les Saveurs de l’Oustal :

les-saveurs-de-loustal.e-monsite.com

– www.facebook.com/lessaveursdeloustalmarion

– www.instagram.com/les_saveurs_de_loustal

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