Un autre bonheur

Échange avec Natacha et Clément, deux trentenaires reconvertis à l’agriculture. Les deux évoquent leur parcours et leur installation au sein d’une micro-ferme.

Pourriez-vous décrire en quelques mots votre activité actuelle (type d’agriculture, description de votre ferme, …) ?

Nous avons créé un écolieu d’accueil pédagogique et de partage autour de la permaculture.

Nous y commençons une activité de maraichage sur petite surface (environ 5 000m²) avec deux serres d’occasions et nous accueillerons et organiserons des ateliers et séjours autour de thèmes variés comme la méditation, le zéro déchet, la permaculture, l’organisation, la bienveillance, la cuisine végétale, les plantes sauvages comestibles, etc..

un-autre-bonheur-5

Quel est votre parcours à tous les deux (Clément et Natacha) ? Vous aviez en particulier créé une startup (Curioos), qu’est-ce qui vous a poussé à tout laisser tomber pour l’agriculture ?

Nous nous sommes rencontrés il y a 11 ans à travers notre pratique de la musique.

Natacha : Je suis ingénieure informatique. J’ai travaillé dans plusieurs entreprises en tant que développeuse Web avant de rejoindre un camarade de mon école dans la création de Curioos, une marketplace qui promeut l’art numérique.

Clément : Et moi je suis Designer Graphic de formation. J’ai rejoint Natacha et son associé dans la société Curioos au bout d’un an. Nous avons travaillé comme des fous pendant plusieurs années pour faire naître ce beau projet qui est ensuite parti à New York.

Comble de l’ironie, nous avions emménagé au cœur de Paris et pourtant nous n’avions quasiment plus de vie sociale ! Nous n’avons jamais rencontré nos voisins et la grisaille ambiante nous poussait à passer chaque week-end chez nos parents en banlieue parisienne « au vert ».

Nous ressentions un vrai malaise au jour le jour car nous ne nous sentions pas à notre place. Les attentats nous ont définitivement poussés à partir. Alors nous avons quitté la société et nous sommes partis en camping-car à la rencontre de personnes qui avaient choisi des modes de vie différents. C’est là que nous avons compris qu’il était possible de suivre notre propre chemin et que nous nous sommes lancés !

un-autre-bonheur-10

Aviez-vous des compétences/connaissances en agriculture avant de vous lancer ? Comment s’est effectuée la transition ?

Clément s’est auto-formé pendant plusieurs années grâce à des mooc, de nombreux livres et Youtube (entre autres) et a pu mettre en pratique sur le terrain d’un ami apiculteur pendant quelques années.

Nous sommes encore en installation mais pour le moment on peut dire que la transition se fait en douceur. Nous avons eu un moment de « vide » entre notre ancien travail et aujourd’hui durant lequel nous avons cherché notre lieu idéal.

Maintenant, on travaille dur car on débute tout en même temps ! On part du principe que notre première année ne sera probablement pas une franche réussite au niveau du maraichage. Du coup on en profite pour apprendre de nos erreurs ainsi que de notre terrain et de son environnement!

Pourriez-vous nous dire ce que vous aimez dans votre nouveau métier ? A l’inverse, y a-t-il des choses que vous aimez moins ?

Pour le moment, nous aimons la liberté de nos horaires. Pas de patrons, pas d’investisseurs à contenter. Seulement la nature à écouter (et qui nous le fait payer si on écoute mal !). Le travail en plein air est une joie sans nom ! Même s’il fait mauvais, cela fait toujours beaucoup plus de bien d’être sous la pluie que dans la froideur d’un bureau.

A côté de ça, on commence à bien saisir que cette liberté est aussi contraignante puisqu’on peut difficilement partir deux semaines à la mer en pleine saison ! C’est quasiment impossible au risque de perdre une grosse partie des cultures. Mais c’est un choix de vie. Quelque part, on a beaucoup moins besoin de partir à la mer ! 😉

un-autre-bonheur-4

Vous avez lancé une campagne de financement. Pourriez-vous décrire votre projet en quelques mots ?

Nous sommes en bordure de forêt préservée de la chasse, idéalement orientée pour nous couper des vents dominants. Mais qui dit forêt, dit cervidés et sangliers. Nous sommes heureux d’être à leurs contacts mais ils peuvent faire des ravages sur les cultures…

Nous faisons donc appel à la générosité et la confiance des gens pour nous aider à financer des clôtures pour les protéger.

Les contributions nous permettront aussi de mener à bien chacun des aspects du projet grâce à l’acquisition de grands tipis pour l’accueil, la location de matériel pour accélérer les débuts de l’installation en maraichage, l’accueil de chèvres et de poules de réformes et la plantation d’environ 150 arbres et plantes comestibles pour la forêt-jardin.

Évidemment, les dons peuvent être purement altruistes mais il y a aussi de super contreparties comme des sacs zéro déchet cousus mains, des paniers de produits de la ferme et locaux, des ateliers à la ferme ou des séjours en tipis !

Nous aimons l’idée que, par le biais du financement participatif, le projet appartienne et voit le jour grâce à des personnes qui partagent nos valeurs et nous soutiennent dans la démarche.

Nous avons quasiment atteint le premier pallié mais nous avons encore besoin d’aide pour pouvoir créer et offrir ce lieu à ceux qui cherchent à se reconnecter à l’essentiel !

un-autre-bonheur-8

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *