APIS CIVI

Entretien avec Mathieu, cofondateur d’APIS CIVI, une entreprise produisant du miel à Paris. Mathieu décrit l’activité et sa vision d’APIS CIVI.

Bonjour Mathieu, pourriez-vous décrire l’activité d’APIS CIVI en quelques mots ?

Nous sommes deux associés, Lionel et moi-même. Nous nous sommes rencontrés il y a plusieurs années. Nous sommes tous les deux issus de l’industrie et très sensible à l’environnement et à la biodiversité. Habitants à Paris, et ayant tous les deux dans notre passé, dans nos familles et nos amis des liens forts avec l’apiculture, c’est assez naturellement que nous avons commencé à installer des ruches ensemble sur les toits parisiens. Elles étaient peu nombreuses au début car l’une des difficultés réside dans le fait d’obtenir l’autorisation d’installer des ruches en ville.

Nous avons récolté notre premier miel parisien en 2015 et avons été très agréablement surpris par sa qualité et son goût. Le projet APIS CIVI est né de là. Nous avons décidé de nous associer et de monter APIS CIVI avec plusieurs vocations :

  • Produire du miel de qualité à paris
  • Devenir un vecteur de sensibilisation pour éduquer et sensibiliser le plus grand nombre de personnes au rôle de l’abeille pour l’environnement et aux menaces auxquelles elles font face : agriculture intensive, pesticides qui agressent les abeilles, …

En étant à Paris nous sommes paradoxalement idéalement localisés. C’est l’abeille qui vient dans l’environnement urbain et non pas l’habitant qui va vers l’abeille.

APIS CIVI - logo

Vous installez vous-mêmes des ruches sur les toits parisiens. Comment avez-vous fait au début ? Avez-vous suivi une formation ?

Lionel et moi avons été parrainés et mentorés par des apiculteurs professionnels pour nous lancer. Lorsque nous avons commencé de manière plus professionnelle, nous avons installé 60 ruches à Paris entre fin 2016 et début 2017. Il a fallu que l’on trouve des partenariats pour avoir les autorisations d’installer les ruches sur les toits.

En 2018, nous avons aussi créé des partenariats avec des apiculteurs professionnels et amateurs, tous passionnés et qui voulaient développer l’apiculture urbaine. Aujourd’hui, nous avons 130 ruches qui sont installées sur des toits à Paris. Nous sommes « l’apiculteur » le plus important en termes de nombre de ruches à paris.

Combien êtes-vous aujourd’hui à travailler chez APIS CIVI ?

Nous sommes tous les deux, Lionel et moi, mais nous travaillons en partenariat avec d’autres apiculteurs. En particulier, nous travaillons avec l’association Happyculteur qui fait de la sensibilisation et qui dispose d’une école de formation à l’apiculture s’appuyant sur nos ruchers. Les personnes formées par Happyculteur vont ensuite pouvoir « prendre le large » et rejoindre notre équipe d’apiculteurs passionnés sur paris afin de gérer des ruches avec nous. L’idée est de produire du miel de grande qualité, sans pesticides ni pollution atmosphérique (le miel n’est pas impacté par la pollution de l’air à Paris). Notre miel est de meilleure qualité que certains miels bios. Cependant, nous ne pourrons jamais être certifiés Bio du fait de notre localisation à Paris.

APIS CIVI - aviva
Crédits photos : APIS CIVI

Que faisiez-vous avant de créer APIS CIVI ?

Nous avons maturé le projet à partir de 2015. Lionel et moi nous sommes rencontrés dans l’industrie métallurgique. Nous étions tous les 2 passionnés d’apiculture, par notre environnement proche notamment. Nous avons eu l’occasion de discuter ensemble pendant plusieurs années. En échangeant nous nous sommes aperçus que nous avions la même sensibilité pour le miel, la biodiversité, etc.

En 2018 nous avons présenté notre miel au Concours Général de l’Agriculture et avons obtenu la médaille d’or. Le concours est basé sur un test à l’aveugle. Personne ne savait que le miel venait de Paris. Cela nous a conforté sur le côté gustatif du miel de Paris.

Comment commercialisez votre miel ?

Essentiellement par notre site web. La plupart de notre clientèle est parisienne. Nous proposons des livraisons au rucher. Cela permet de rencontrer nos clients, de les connaitre. Nous avons des clients qui ont commencé à commander chez nous et qui reviennent régulièrement.

Ensuite en distribution, nous avons quelques épiceries fines dans Paris dans lesquels nos pots de miel sont en vente. Il y en a 5 ou 6 réparties un peu partout à Paris. La liste est sur notre site web, de façon à ce que les clients puissent choisir là où ils veulent acheter leur miel.

APIS CIVI - miel

Quelles sont les perspectives pour APIS CIVI ?

Il y a beaucoup d’idées qui germent dans notre esprit avec Lionel. La plupart vise à atteindre un seuil économique qui nous permettrait de recruter des salariés, et d’avoir notre propre boutique un jour. Cela passe par une production plus importante avec plus de ruches positionnées dans paris. Nous travaillons dans ce sens. Aujourd’hui nous sommes principalement localisés dans la ceinture nord de Paris. Ce sont des arrondissements favorables pour accueillir les ruchers (densité de végétation importante). En 2019, pour la nouvelle saison, nous allons installer des ruchers dans la ceinture sud de Paris. Petit à petit car nous travaillons avec les saisons. Il faut respecter le cycle naturel d’implantations des abeilles. Nous devrions avoir ces nouveaux ruchers aux mois de mars-avril 2019.

Y a-t-il un sujet que vous souhaiteriez évoquer et que nous n’avons pas encore abordé ?

Nous avons beaucoup parlé de l’aspect environnemental. Nous pensons également que chaque entreprise a une responsabilité sociale. Pour l’emballage des pots de miel et pour l’étiquetage, nous faisons appel autant que possible aux ESAT (Etablissement et Service d’Aide par le Travail) qui sont des établissements spécialisés dans l’aide au travail (personnes handicapées physiques ou mentales). Nous sommes aussi en partenariat avec une association de réinsertion profesionnelle (Espero) avec laquelle nous essayons de mettre à disposition nos ruchers pour aider à la réinsertion. Toutes ces démarches sont aussi importantes dans la manière de faire les choses.

En entreprise on parle souvent de « RSE ». De notre côté, nous essayons d’être aussi présent sur le volet « S », c’est à dire le volet social.

 

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