Les Bovins de Papin

Questions posées à Florian, gérant d’une exploitation en polyculture (grandes cultures et élevage de vaches allaitantes et de porc). Florian parle de son activité et de son parcours.

Pourriez-vous décrire en quelques mots votre activité (localisation, superficie de l’exploitation, date d’installation, mode de production et de commercialisation, histoire du lieu, …) ?

Je suis installé depuis début 2014, après avoir repris l’exploitation de mon père, suite à son départ en retraite. L’exploitation compte actuellement 122 hectares et est située sur la commune de Marcei, dans l’Orne. L’exploitation est en polyculture élevage, avec des productions de grandes cultures, de vaches allaitantes, et récemment de porc, a destination unique de la vente directe.

Ces 122 hectares ont pour objectif de produire des cultures de ventes (90 hectares), avec productions de blé, orge, colza, pois de printemps majoritairement, ainsi que du fourrage (herbe et luzerne) pour le troupeau de vaches allaitantes. Le troupeau compte 45 vaches allaitantes, les broutards sont vendus à l’âge de 8 mois environ, les génisses sont élevées pour le renouvellement ou la viande. Elles sont alors valorisées en caissettes à la ferme. Les cochons sont, eux, élevés sur paille toute l’année. C’est un atelier uniquement d’engraissement, car je ne pense en faire qu’entre 40 et 50 la première année, je les achète donc en post sevrage, pour apporter ma valorisation sur la phase d’engraissement et de commercialisation.

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Crédits photos : Les Bovins de Papin

Quel est votre parcours professionnel ? Avez-vous toujours travaillé dans l’élevage de cochons ou de vaches ? Si non, que faisiez-vous auparavant et qu’est-ce qui a motivé votre changement de métier ?

Avant de m’installer, j’ai travaillé en alternance en chambre d’agriculture, afin de valider mon diplôme d’ingénieur agricole. J’avais donc plutôt une formation axée sur les grandes cultures, mais lorsque j’ai repris l’exploitation j’ai souhaité maintenir l’activité allaitante, et créer un atelier de persification pour mieux valoriser ma viande. J’ai toujours eu envie de travailler dans le domaine agricole, mais pendant mes études j’ai fait le choix de m’orienter vers l’installation, qui pour moi représentait un métier complet et passionnant.

Vous avez lancé une campagne de financement participatif. Pourriez-vous nous décrire en quelques mots votre projet ?

Le projet est assez simple, j’ai quelque peu modifié un bâtiment ou j’avais l’habitude de mettre des génisses pendant la période hivernale pour y faire séjourner les porc à longueur d’année. Hors, afin de produire ce que j’estime être capable de commercialiser en porc, je n’ai pas suffisamment de place dans ce bâtiment, pour faire rentrer des porcs en engraissement à fréquence souhaitée. L’idée était donc d’impliquer les personne côtoyant l’exploitation (ami, famille, clients, voisins,…) afin de m’accompagner dans ce projet. C’est aussi un moyen de faire parler de cette activité, et de faire un peu de communication également.

Quel est votre objectif à terme : élever uniquement des cochons ou bien poursuivre sur un élevage mixte de cochons et de vaches ?

Mon objectif est de répondre à ce qu’attende mes clients. C’est pour cela que j’ai démarré une activité porcine, car certains clients cherchait à consommer du porc de la même façon qu’ils consomment du bœuf. Je vais maintenir mon cheptel allaitant, car c’est une activité qui me plait, qui est très complémentaire de mon atelier grandes cultures, en terme de valorisation de paille et fumier, et qui me permet d’intégrer des cultures fourragères dans mes rotations (prairies temporaires et luzerne). Je verrai concernant l’atelier cochon si je dois revoir mes objectifs de production en fonction de la demande que je peux avoir, j’en saurai plus dans un an…

Qu’aimez-vous dans votre métier ? A l’inverse, y a-t-il des choses que vous aimez moins ?

L’activité de vente directe est quelque chose qui me tient beaucoup à coeur, car j’ai démarré à mon installation, j’y consacre pas mal de temps, et je suis satisfait de pouvoir maintenir et faire évoluer ma clientèle. J’aime suivre l’évolution de mes cultures et de mes animaux comme tout agriculteur. J’aime également assurer la gestion de l’exploitation, mais il est vrai que c’est un poste qui demande de plus en plus de temps, pas toujours nécessaire à mon goût.

Y a-t-il un sujet que vous souhaiteriez évoquer pour finir et qui caractérise votre activité, votre exploitation ou bien tout simplement vous-même ?

Je ne peux pas ne pas évoquer la consommation de viande. Aujourd’hui on entend et voit beaucoup de choses sur les élevages et leurs productions. Il existe une persité de production qui permet à chacun de trouver le produit qui lui correspond. Le seul juge des productions à bannir ou maintenir devrait être le consommateur, qui par ses choix de consommation peut valoriser tel ou tel mode de production. Manger moins de viande mais de la meilleure viande, élevée en élevage français, voir, et c’est encore mieux, de la viande produit à proximité de chez vous ! tout le monde s’en sort gagnant !

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