Les Bio Semeurs de Sens

Entretien avec Céline, gérante de la micro-ferme en agro-écologie « Les Bio Semeurs de Sens », touchée par la tempête Zeus en mars 2017. Céline décrit son activité et la reconstruction de sa micro-ferme.

Bonjour Céline, pourriez-vous décrire en quelques mots votre initiative de micro-ferme (lieu, date de création, culture, mode de commercialisation, …) ?

L’aventure des Bio Semeurs de Sens a démarré en mars 2017. Nous avons trouvé une ancienne ferme sur Guidel vendue avec 4 600m² de terrain. Nous utilisons 3 500m² pour le maraîchage diversifié et 500m² pour un verger que nous souhaitons faire évoluer progressivement vers une forêt-jardin. Nous sommes également locataire d’une parcelle de 9 000m² à Gestel, commune à 10 minutes en voiture depuis chez nous. Sur ce deuxième terrain, 2 500m² sont mis en culture et le reste est recouvert par des engrais verts, type sarrasin et phacélie, ou bien reste à l’état de prairie.

Les ventes ont démarré mi-juin 2017. Je vends sur place dans la grange à raison de 2 fois par semaine. Je fournis les magasins Biocoop « Les 7 épis », installés sur plusieurs sites proches de notre ferme, ainsi que deux sites marchands en produits locaux et/ou bio. Et je suis présente sur un marché de producteurs à Guidel qui a lieu l’été.
Pour le maraîchage, nous sommes largement inspirés des techniques bio-intensives ayant pour pionniers Eliot Colman et Jean Martin Fortier. Nous travaillons également en respectant les principes de l’agro-écologie et dans un environnement pensé selon les principes de la permaculture (création d’une marre, création de haies mellifères et comestibles, installation d’un poulailler dans le verger…). Le tout pour avoir une production variée et importante sur petite surface, en respectant la biodiversité et en créant des niches pour attirer les auxiliaires au jardin.

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Quel est votre parcours à vous Céline plus particulièrement ? Avez-vous toujours été agricultrice ? Si non, qu’est-ce qui vous a motivé à changer ?

Je suis jardinière paysanne depuis un peu plus d’un an donc. Avant j’ai pratiqué le métier de kinésithérapeute en libéral pendant 13 ans. Au cours de ces années, mon intérêt pour l’écologie et pour une consommation plus responsable mais aussi plus simple a été grandissant. Et l’envie de devenir actrice d’un monde plus respectueux de l’homme et de l’environnement a pris le dessus d’où ma reconversion. J’aime dire que je continue à prendre soin de l’humain mais d’une manière différente : en leur proposant une alimentation saine et de qualité. Ce changement de vie est aussi choisi afin de faire grandir notre enfant dans un environnement qui le sensibilise davantage encore aux valeurs qui nous tiennent à cœur.

Avec mon conjoint, nous avons fait quelques formations privées puis nous nous sommes formés sur le tas en faisant du wwoofing. Nous n’avons pas de diplôme agricole. Mon conjoint m’aide dans mon activité mais a encore une activité salariée en parallèle.

Vous avez lancé une campagne de financement pour vous aider à reconstruire vos serres, détruites par une tempête. Où en êtes-vous de votre campagne ? Etes-vous parvenues à reconstruire votre serre et à reprendre votre activité ?

La campagne de financement participatif suite aux dégâts causés sur nos serres qui venaient juste d’être installées a duré 2 mois, de mi-mars à mi-mai 2017.
Les dons ont dépassé notre objectif de 5 000€, nécessaire à la remise en place de nouvelles serres. Cela nous a permis d’investir dans une partie du matériel d’irrigation de la parcelle de Gestel qui n’était pas prévu dans notre auto financement initial.

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Les serres, avant et après la tempête (Crédits photos : Les Bios Semeurs de Sens)

Vous souhaitez suivre les principes de l’agroécologie. Pourriez-vous dire quelques mots sur vos motivations ?

Nous appliquons des principes d’agro-écologie tels que :

  • le non retournement du sol afin de respecter la vie du sol dans ces différents strates,
  • le travail sur planches permanentes afin de ne pas tasser le sol,
  • la couverture du sol afin qu’il ne reste pas à nu, soit par l’intermédiaire de différents type de paillages ou l’utilisation d’engrais verts. Cela évite le lessivage du sol et l’évaporation en ce qui concerne les paillages ou favorise l’enrichissement du sol et la création de biomasse en ce qui concerne les engrais verts.
    l’utilisation de compost pour nourrir le sol sur du long terme,
  • la rotation et l’association des cultures pour densifier la production et éviter au maximum les maladies.

Pour conclure, y a-t-il un dernier sujet que vous souhaiteriez aborder et qui caractérise vous ou votre micro-ferme ?

Nous déplaçons nos serres une fois par an. Cela permet entre autre de soumettre à nouveau le sol aux aléas climatiques et de permettre une meilleure rotation des cultures.

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