Ferme Agerria

Echange avec Bernadette, propriétaire de la Ferme Agerria avec son mari. Bernadette décrit son activité et son parcours.

Bonjour Bernadette, pourriez-vous décrire en quelques mots votre ferme (date de création, élevage, taille et mode de commercialisation) ?

Nous exploitons 25 hectares avec mon mari. Sur ces 25 hectares, la moitié est en prairie pour la pâture et pour récolter des fourrages secs. Ensuite, sur l’autre moitié, nous cultivons des céréales (du maïs et de l’orge). Les céréales sont destinées à alimenter nos animaux. Nous avons 240 mères brebis de race « Manech Tête Rousse » et 60 agnelles de renouvellement. Nous élaborons le fromage à la ferme, de l’Ossau Iraty au lait cru, une Appellation d’Origine Protégée (AOP).

Ensuite nous élevons également 100 porcs de race Pie Noirs du Pays Basque en plein air. Il s’agit de l’une des plus anciennes races européennes. C’est avec ce porc là que nous faisons le jambon en AOC Kintoa.

Pour mener à bien ces activités, nous travaillons mon mari et moi-même, nous avons un collaborateur à temps plein et une jeune qui poursuit ses études en apprentissage. Mon mari s’est installé seul en 1987 à la suite de ses parents, partis à la retraite et je l’ai rejoint sur l’exploitation en 2005.

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Crédits photos : Ferme Agerria

Quel est votre parcours professionnel à tous les deux (Bernadette et Jean-Claude) ? Avez-vous toujours été agriculteurs ? Si non, qu’est-ce qui vous a amené vers ce métier ?

J’ai travaillé pendant 19 ans dans l’éducation, une école primaire / collège avec un internat, un petit établissement de campagne. En 2005 j’ai démissionné, j’ai suivi une formation pour apprendre à faire le fromage en AOP Ossau Iraty et je me suis associée avec mon mari. Auparavant, mon mari vendait le lait à un industriel. L’élaboration du fromage à la ferme nous permet de dégager du revenu pour faire vivre la famille.

L’élevage de porcs basques permet de recycler le petit lait (lactosérum).Il est intéressant en alimentation car il est riche en protéines.

Je suis native du Pays basque. J’ai des origines agricoles et j’ai moi-même suivi des études agricoles. Le hasard a fait que j’ai travaillé dans l’éducation. Mon but a toujours été de revenir sur l’exploitation.

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Crédits photos : Ferme Agerria

Je crois que vous donnez aussi la possibilité de visiter votre ferme et proposez des activités. Qu’est-ce qui vous motive à ouvrir les portes de votre ferme ?

Quand nous avons démarré la transformation fromagère, il a fallu trouver un système de commercialisation. Nous ne voulions pas aller rajouter nos produits parmi les nombreux autres sur les marchés. Nous voulions vendre un peu différemment. Nous avons ouvert les portes de notre ferme et c’était un pari. Nous ne savions pas ce que cela allait donner. Nous avons obtenu le label « ferme de découverte ». Nous nous sommes rendus compte que cela répondait vraiment à une demande et avons poursuivi dans cette voie.

Pour communiquer, nous éditons un flyer en 60 mille exemplaires que l’on fait distribuer par une société sur 200 points au Pays Basque (office de tourisme, campings, villages de vacances, etc). Nous adhérons aux offices du tourisme également et faisons du porte à porte dans les gîtes et chambres d’hôtes pour distribuer nos flyers. Nous communiquons aussi via notre site internet www.agerria.fr et les réseaux sociaux.

Nous proposons aussi de l’accueil de camping-cars à la ferme depuis début 2006, c’est à dire une année après avoir démarré notre activité de transformation du lait en fromage. En 2005, un camping-cariste est venu visiter la ferme et nous a dit que nous correspondions à l’esprit France Passion. Nous ne connaissions pas du tout. Nous avons donc ouvert une prairie que nous laissons à disposition des camping-cars. C’est un accueil gratuit. Les gens peuvent se brancher sur prises électriques, vidanger, faire le plein d’eau, etc…Ils bénéficient également de la visite de la ferme et de la dégustation de nos produits.

En tant qu’adhérents de l’Association, nous payons une cotisation à l’année et le camping-cariste paie aussi un abonnement. Nous accueillons les camping-cars France Passion mais aussi tous les autres qui nous connaissent par le bouche à oreille.

Dès la première année, nous avons répertorié plus de 400 camping-cars. Cet accueil à la ferme plait particulièrement. Ils recherchent un accueil authentique dans un cadre agréable.

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Crédits photos : Ferme Agerria

Pour conclure, y a-t-il un sujet que vous souhaiteriez aborder et qui vous caractérise, vous ou votre exploitation ?

Le nom Agerria (prononcer « aguerria ») vient du basque, c’est le nom de la maison. C’est un nom très connu au pays basque : « aguer » c’est la terre labourable. Nous avons retrouvé des archives datant du 14ème siècle qui indique que notre maison s’appelait déjà « Agerria ». Cette ferme a été en réalité achetée en 1952 par les grands parents de mon mari. Ils étaient métayers dans un village voisin. Ils ont acheté la ferme pour 30 000 francs somme considérable à l’époque. Ils sont venus ici avec 4 vaches et 18 brebis et ils exploitaient 4 hectares. Depuis, le paysage agricole a bien changé. Beaucoup de fermes ont disparues au profit d’agrandissements. La taille des fermes au Pays Basque reste encore raisonnable par rapport à la taille moyenne en France qui se situe entre 80 et 100 hectares suivant les régions et souvent pour un seul exploitant. Je tiens à vous rappeler que nous sommes 3,5 équivalent temps plein sur 25 hectares. D’ou l’importance de la transformation de la matière première en produit fini, mais aussi la reconnaissance en AOP et AOC des produits et la commercialisation en circuits courts. Ceux sont tous ces facteurs qui permettent la viabilité économique de notre structure.

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