EcosiAg: L’Aquaponie urbaine

Entretien avec Thibault Fuzier, Cofondateur d’EcosiAg

– Bonjour Thibault, pourriez-vous décrire en quelques mots votre entreprise « EcosiAg » ? (Pourquoi avoir choisi cet appellatif ? Quelles sont l’histoire et les valeurs de votre entreprise ?)

EcosiAg est une entreprise d’ingénierie avant tout. C’est à la suite de nos études qu’avec Guillaume nous avions imaginé un système qui s’appuierait sur l’utilisation de l’aquaponie comme méthode de production. Bien loin d’imaginer le challenge que cela pouvait représenter nous nous sommes alors lancés. L’objectif à ce moment-là était alors de démontrer la viabilité d’une production aquaponique en environnement contrôlé hyper compact. La première étape a donc été le prototypage.

Guillaume de Masi et Thibault Fuzier

Finalement, au fur et à mesure de nos avancées et expérimentations, nous avons trouvé notre modèle de production et EcosiAg est né.

Pour faire court, EcosiAg conçoit et commercialise des fermes aquaponiques automatisées. Le nom est d’ailleurs basé sur cela : Éco Système Intelligent Agricole.

Notre volonté est de trouver un modèle rentable et cohérent qui puisse complémenter l’agriculture française sur les types de denrées qui sont aujourd’hui importées.

– Où se trouve votre activité ?

Notre activité se situe sur la Métropole de Lyon.

– De quoi s’agit-il ?

Notre activité consiste à développer, manufacturer, automatiser et commercialiser nos outils de production. Les compétences clefs sont diverses : Automatisation, génie thermique, IoT, hydraulique, Agronomie, Écologie etc..

– Quelles sont les caractéristiques principales de votre ferme urbaine ?

Nos fermes sont conçues pour être adaptables et modulables. C’est-à-dire qu’elles sont implantables sur des surfaces restreintes (<35m²), polluées (friches industrielles), ou temporaires.

EcosiAg est tournée vers des idées d'avenir telles que la production locale, le sans engrais ni pesticides, les énergies renouvelables.

Elles ont la particularité d’être quasi totalement automatisées, ce qui nous permet de réduire les coûts d’entretien et de produire en continu.

C’est d’ailleurs cette automatisation qui nous permet aujourd’hui de maîtriser et maintenir un cycle aquaponique stable permettant un cercle vertueux entre les espèces (végétales et animales). Finalement ces fermes sont de véritables écosystèmes où l’équilibre n’est permis que par une régulation précise des variables de vie de chaque espèce.

– Comment va fonctionner votre ferme urbaine ? En quoi celle-ci présente-t-elle une solution pour cultiver durablement à l’avenir ?

Aujourd’hui nous sommes conscients que les challenges de l’agriculture ne concernent pas uniquement la production. Il faut considérer la logistique, les coûts de production, la fragilité du produit et, plus récemment, les aléas climatiques qui engendrent une certaine incertitude de production. Nous pensons que la solution réside dans une hybridation des modèles agricoles. Nos fermes sont là finalement pour complémenter la production agricole française sur les denrées qui ne sont aujourd’hui quasi ou plus produites en France. A l’heure où nous parlons, la Covid nous montre bien la fragilité d’un modèle basé sur des dépendances internationales.

– Quelles sont les étapes de votre Business model ?

Notre business modèle est évolutif. Je m’explique. Sur une technologie aussi peu répandue, nous sommes conscients qu’il y a des preuves à apporter. Que ce soit la rentabilité mais aussi la fiabilité technologique. C’est la raison pour laquelle nous déployons nos premières fermes en auto exploitation sur Lyon, ce qui signifie que nous sommes exploitants dans un premier temps. Ensuite, une fois le modèle validé, l’industrialisation nous permettra de commercialiser ces fermes en tant qu’outils de production en accompagnant bien sûr le client avec un contrat de maintenance et d’approvisionnement.

– Quel est votre engagement principal ?

L’engagement qualité. Que ce soit la qualité des produits (sans engrais, sans pesticides), la qualité environnementale (bilan carbone faible) ou la qualité technologique.

– Combien êtes-vous à travailler chez EcosiAg ? Qu’aimez-vous dans votre métier ?

Nous sommes actuellement deux ingénieurs (Guillaume De Masi et moi même) à temps plein dans l’entreprise. Il est toutefois nécessaire de citer tous nos partenaires (notamment FoodShaker, Moovjee, Innov’Alliance) qui nous accompagnent et effectuent avec nous un travail essentiel. Ces partenaires nous ont rejoints au fur et à mesure de la vie de l’entreprise sur des sujets variés mais toujours complémentaires.

Guillaume de Masi et Thibault Fuzier

Ma réponse ne sera pas très originale mais comme peut être beaucoup d’entrepreneurs je pense que ce qui me plait le plus c’est d’inventer et innover (sûrement le côté ingénieur) et le transformer en business (le côté entrepreneur).

– Quels sont vos projets pour l’avenir ?

A court terme le projet principal qui concentre toute notre énergie est le déploiement de nos fermes sur la région Lyonnaise. Ensuite nous verrons où l’avenir nous porte mais nous sommes clairement ouverts et nos ambitions ne s’arrêtent pas là.

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