Comment se lancer dans l’agriculture bio ?

Depuis plusieurs années, le bio connaît un véritable succès, à la fois auprès des consommateurs inquiets pour la planète et soucieux de la provenance des aliments dans leurs assiettes, mais aussi auprès des producteurs. Se tourner vers l’agriculture bio représente un choix à la fois stratégique et éthique. Deux solutions s’offrent aux entrepreneurs désireux de sauter le pas : s’installer en agriculture bio directement ou bien opter pour la reconversion agriculture bio d’une activité déjà existante. Quels intérêts, quelle solution choisir et quelles aides disponibles pour se lancer dans l’agriculture biologique ?

Un choix stratégique, éthique et économique

Régulièrement entachée par divers scandales, l’industrie agroalimentaire suscite plus que jamais la méfiance des consommateurs. Ceux-ci deviennent de plus en plus conscients de l’importance de surveiller la composition des produits qu’ils achètent. En plus de cette inquiétude grandissante, les problématiques liées au réchauffement climatique incitent les consommateurs à choisir des produits issus de filières plus éthiques. L’agriculture bio semble donc un excellent moyen de s’assurer une clientèle fidèle.

Une orientation bénéfique pour le consommateur et pour l’exploitant

Les labels biologiques instaurent la confiance chez les consommateurs mais se révèlent également bénéfiques pour les producteurs et pas seulement au niveau de leur image. Plusieurs études ont passé à la loupe le rendement agriculture bio depuis une quinzaine d’années et la conclusion semble toujours positive. Si le bio demeure entre 8 et 25 % moins productif que l’agriculture intensive, il nécessite 50 % de moins de pesticides et produits phytosanitaires. La différence de production effective se voit donc largement compensée par la réduction des dépenses. Une étude suisse a également établi que le sol d’une exploitation biologique semble plus fertile et abrite une biodiversité beaucoup plus riche. Cette orientation paraît donc judicieuse et séduit toujours plus de professionnels. En effet, la part de l’agriculture bio en France ne cesse d’augmenter : en 2020, on recensait en France 53 255 fermes en agriculture bio, soit 9.5 % de la surface agricole totale du pays.

S’installer agriculture bio : comment s’y prendre ?

De manière générale, bénéficier d’un accompagnement pour son installation paraît indispensable : plusieurs démarches administratives restent nécessaires, il faut également trouver du foncier, des fournisseurs… Pour devenir auto-entrepreneur agriculture bio, les jeunes agriculteurs doivent donc commencer par bien structurer leur projet. Avant de se lancer, il peut s’avérer judicieux de se rendre au Point Accueil Installation, PAI, qui prodigue des conseils et permet d’y voir plus clair. Ces structures sont présentes dans chaque département français et orientent les candidats vers les acteurs susceptibles de les aider et de leur fournir les informations utiles. 

Premières démarches : Plan de Professionnalisation Personnalisé et Plan d’Entreprise

Une fois le projet bien défini, le PAI s’occupe de renvoyer les candidats vers des centres d’élaboration de Plan de Professionnalisation Personnalisé, PPP, qui proposent des rendez-vous avec des conseillers projet et compétences. Ces professionnels se basent alors sur l’expérience et le parcours pour proposer des formations complémentaires et un stage collectif de 21 heures. Cette étape obligatoire permet de mieux se rendre compte de la réalité du métier et d’identifier les démarches à suivre ainsi que les acteurs importants du milieu. Dans ce cadre, les stages dans les fermes bio sont d’ailleurs très souvent recommandés et donnent lieu à une indemnité au stagiaire et à l’agriculteur.

Il faut ensuite préparer son Plan d’Entreprise, PE, qui prévoit l’évolution de l’activité de la ferme sur les cinq années à venir. Ce document permet notamment d’accéder à la DJA, Dotation Jeune Agriculteur, une aide financière versée par l’Etat reposant sur plusieurs critères. Le Plan d’Entreprise doit absolument prendre en compte les spécificités de l’agriculture biologique et évoquer les rendements, investissements, périodes de conversion des terres, débouchés ainsi que le modèle économique de la ferme.

Réaliser un test de son activité

Afin de vérifier que cette activité convient au candidat, il est possible de réaliser des test grandeur nature dans des espaces dédiés. Il existe en France plusieurs espaces test agricoles permettant aux auto entrepreneurs agriculture bio de développer leur activité sur un temps limité dans un espace réservé. Cette démarche permet à la fois de limiter la prise de risque liée à une installation définitive mais aussi de se rendre compte de la viabilité du concept et de vérifier ses compétences. Ces structures offrent également des avantages non-négligeables : mise à disposition des moyens de production (foncier, matériel et bâtiments), hébergement juridique de la structure mais aussi conseil et accompagnement. Il peut donc s’agir d’une excellente transition en attendant de trouver une exploitation à reprendre ou acheter.

Reconversion agriculture bio : quelles démarches et formations ?

La deuxième option pour s’installer en agriculture bio consiste à convertir une activité déjà existante. En moyenne, cette procédure s’étend sur 2 à 3 ans. La première étape consiste, là encore, à bien mûrir son projet et à rechercher un accompagnement pour faire les choses dans l’ordre. En effet, des formations aux techniques et principes de l’agriculture bio demeurent nécessaires, même pour des agriculteurs établis. Les groupements bio prodiguent, dans chaque région française, des conseils et accompagnements pour y voir plus clair. Officiellement, la conversion commence dès lors que le producteur se signale à l’Agence Bio, respecte scrupuleusement les réglementations liées à la bio et s’inscrit auprès d’un organisme certificateur, OC.

Les formations à suivre pour une reconversion agriculture bio

Avant de se lancer dans les procédures administratives, les aspirants à la conversion à la bio doivent suivre des formations pour mettre à niveau leurs connaissances. Il existe plusieurs modules, dépendant du type d’activité. A titre d’exemple, la Chambre d’Agriculture de Bretagne propose des cours tels que « étudier son passage en bio : réussir ses cultures », « maitriser le salissement en bio à l’échelle de la rotation », « oser la monotraite en bio pour gagner en souplesse d’organisation » ou encore « étudier son passage en bio : s’approprier les grands principes ». Ces programmes assurent une meilleure compréhension des exigences de l’agriculture biologique et il semble indispensable de les suivre car le respect de ces normes sera vérifié par la suite. Interdiction, par exemple, de recourir à des OGM. Les règles de l’agriculture biologique sont définies à échelle européenne, règlement européen n°834/2007 et règlement européen n°889/2008 et nationale, dans le cahier des charges français, homologué en 2010 et son avenant 1, homologué en 2013.

Démarches administratives à remplir

La première étape, une fois la mise à niveau quant aux principes de la production bio effectuée, consiste à notifier l’Agence Bio de ses intentions. Il faut ensuite s’enregistrer auprès d’un Organisme Certificateur, OC, qui vérifie la présence du candidat dans la base de données de l’Agence Bio. Si tel est bien le cas, l’OC valide l’engagement du producteur et lui envoie une notification. Cet organisme est chargé de contrôler les conditions de production, de transformation et d’importation et doit présenter un agrément officiel délivré par la COFRAC. En se certifiant ainsi, le producteur s’engage à accepter des visites prévues ou non, le prélèvement d’échantillons et l’accès à sa comptabilité. 

Une fois l’inscription auprès de l’Agence Bio validée par l’OC, ce dernier procède à une première visite de contrôle chez l’exploitant. Si, à ce moment-là, le cahier des charges de l’agriculture biologique est parfaitement respecté, la date de la notification précédemment envoyée fera également office de date d’engagement. De ce fait, la mise en place des pratiques de la bio doit commencer dès lors que la demande de conversion est envoyée à l’Agence Bio

Déposer une demande d’aide financière

Une fois la conversion à l’agriculture bio amorcée auprès de l’Agence Bio et de l’OC, il est possible de solliciter deux types d’aides. La première s’intitule « aide à la conversion en agriculture biologique » et nécessite d’envoyer un dossier au DDTM référent avant le 15 mai de l’année de la conversion. L’autre aide disponible est le crédit d’impôt agriculture bio. Ce dernier se demande au moment de la déclaration de revenus, effectuée au printemps. Cette aide est attribuée si au moins 40 % du chiffre d’affaires réalisé provient de l’agriculture biologique et si la somme des aides bio et du crédit d’impôt n’excède pas 4.000 €.

Autres aides financières

En dehors de ces deux aides, qui doivent faire l’objet d’une demande à une période précise, il existe d’autres programmes. Les plus célèbres restent la SAB M, Soutien à l’Agriculture Biologique en Maintien, et la SAB C, Soutien à l’Agriculture Biologique en Conversion. Celles-ci ne peuvent être attribuées qu’à des exploitations disposant déjà de labels reconnus et leurs montants dépendent de nombreux critères, consultables sur le site du ministère de l’Agriculture.

Labels et certifications agriculture biologique

Pour obtenir une certification bio, il demeure primordial de respecter à la lettre le cahier des charges, c’est-à-dire : ne pas utiliser d’OGM ni de pesticides ou d’engrais chimiques de synthèse et respecter le bien-être et la santé animal. Parmi les labels biologiques reconnus, on retrouve notamment le français AB, qui indique un produit 100 % bio, et l’européen qui garantit qu’au moins 95 % des composants du produit sont d’origine bio.

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