Tout savoir sur les élevages extensif

L’agriculture intensive s’est développée dans les années 50-60 avec la modernisation de l’agriculture après la seconde guerre mondiale. Cette agriculture est liée à l’accroissement de la population et ses besoins grandissants. Les états ont donc sollicités le monde agricole pour produire plus, plus rapidement  afin de répondre aux besoins des Hommes.

Elevage intensif vs élevage extensif

Ces mots définissent les types d’élevage utilisés en France. Ces deux systèmes agricoles utilisent des méthodes quasiment opposées.

 « 90 % des Français contestent l’élevage intensif. »

L’élevage extensif (utilisé en agriculture biologique) est basé sur l’utilisation des ressources naturelles qui l’entourent : nourriture, ressources en eau potable… Il est également vigilant sur la faible densité des animaux sur les parcelles.

 « 80.000 exploitations agricoles dépendent de ce type d’élevage en France »

Le producteur recherche une autonomie sans viser une forte productivité par animal. Il respecte également l’unité de densité. Il va donc moins gagner sa vie qu’un éleveur en intensif, mais cela permet de nous confirmer qu’il fait cela par passion et amour des animaux.

« Le lien à l’animal demeure pour 76 % des éleveurs l’essence de leur métier. »

Les animaux vivent dans des bâtiments paillés avec possibilité d’accéder à un extérieur. Ce mode d’élevage limite au maximum les intrants et la nourriture est directement produite à la ferme (fourrage, céréales…).

Les animaux vivent au maximum dans leurs conditions naturelles, leur santé est moins fragile et ils restent fertiles. Les soins vétérinaires sont curatifs et non préventifs, et les médecines douces seront privilégiées.

L’utilisation d’hormones et d’antibiotiques est interdite. Si, dans un souci de limiter la souffrance animale, des médicaments chimiques ou de synthèse sont prescrits, l’animal sera écarté de la filière Bio.

La saillie naturelle est quasiment systématique et évite des frais supplémentaires (semences, insémination…).

Concernant le transport des animaux pour l’abattage, des règles plus strictes que le circuit traditionnel existent. Une certification AB est obligatoire dans les abattoirs de viandes biologiques. Il existe aussi le Label Rouge qui garantit une viande de haute qualité.

Le temps du transport doit être réduit au maximum à une journée et aucun calmant ne peut être administré aux animaux pour les apaiser. L’interdiction d’utiliser un dispositif électrique pour faciliter la montée ou la descente des moyens de transport. Pas de violence ou d’étourdissement sur l’animal avant d’être abattu.

«20 % des producteurs ont choisi de vendre leurs productions en circuit court. »

 «En France, la viande bio est distribuée par 1 grande surface sur 3. »

Pour valoriser ses produits, l’éleveur bio va s’orienter vers la certification et les labels (signes de qualité). On retrouve les labels bio : AB, Label rouge, Ecocert… qui possèdent un cahier des charges très strict.

L’élevage intensif est donc un modèle quantitatif, tandis que l’élevage extensif est un modèle qualitatif.

Une réalité bien difficile pour les animaux

Concrètement, ces exploitations intensives concentrent plus de 750 emplacements pour les truies, plus de 2000 emplacements pour les porcs de production (de plus de 30 kg), plus de 40 000 emplacements pour les volailles, plus de 400 vaches laitières et enfin plus de 800 animaux pour les élevages de veaux de boucherie et les bovins à l’engraissement. Le ministère de la Transition écologique dénombre environ 8000 installations de ce type aujourd’hui.

Ces exploitations agricoles produisent une très grande quantité de viande par rapport à leur proportion sur le territoire. D’après un rapport de l’ONG Greenpeace en 2018, les fermes ICPE ont produit plus de 60% de la production totale de viande de porc, de volaille et d’œufs en 2013, alors qu’elles ne représentaient que 1,1% du total des exploitations sur cette même année.

·         Sélectionnés pour la rentabilité : Les souches d’animaux sélectionnées favorisent la fécondité ou la capacité d’engraissement. Les poussins mâles issus de la souche «pondeuse» sont éliminés par broyage ou gazage au début de leur vie. Les femelles nées dans les lots « foie gras » sont tuées  car seuls les mâles sont utilisés au gavage.

·         Elevés par lot : la plupart des animaux sont élevés par lots – tous les animaux d’un lot ont le même âge : naissance, sevrage, engraissement, transport et abattage sont ainsi planifiés et synchronisés.

·         Productivité poussée : les poules pondeuses pondent aujourd’hui près de 300 œufs par an contre une quinzaine lorsqu’elles vivent à l’état sauvage.

·         Mortalité en élevage : de nombreux animaux meurent avant d’avoir atteint l’âge où ils sont abattus.

 

L’élevage intensif : le maux à bien des problèmes

Pour autant, l’enjeu du bien-être animal n’est pas la seule raison avancée par les partisans d’une sortie de l’élevage intensif. Les impacts sur le climat et la biodiversité sont aussi pointés.

« L’élevage Français produit plus de 800 mille tonnes de fumier par jour. »

·         Déforestation et gaz à effet de serre. Lors de leur décomposition, les déjections produites par les animaux vont être une source importante de gaz puissants, tel que le méthane, qui participent également à la destruction de la couche d’ozone. La dramatique déforestation de la forêt sud-américaine est consécutive à l’intensification des cultures de soja et de maïs (majoritairement des OGM) qui nourriront les animaux d’élevage intensif. De fait, l’élevage est responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre et de 65% de la déforestation en Amazonie.

·         Catastrophe sanitaire : la forte concentration des animaux et leur faible diversité́ génétique favorisent le développement et la transmission d’agents pathogènes potentiellement transmissibles à l’homme.

·         Destruction des sols par l’utilisation massive de pesticides et par les importantes quantités de rejet d’excréments de tout ce bétail.

·         Larges dépenses en eau qui servent à abreuver le bétail ainsi qu’à arroser le soja et le maïs qui vont les nourrir (Pour produire 1 seul kilo de bœuf, il faut au final 15 500 litres d’eau).

·         Fortes nuisances pour les riverains : pollution visuelle, odeurs nauséabondes, bruits dus aux nombreux passages de camions, prolifération des mouches…

Vers une sortie de l’élevage intensif ?

Les ONG ne sont par ailleurs pas les seules à soutenir une fin de l’élevage intensif à travers l’Europe. Les consommateurs y semblent majoritairement favorables : plus de 9 Français sur 10 sont défavorables à l’élevage intensif de poulets lors d’un sondage IFOP de 2018 cité par L214.

Plus de 140 scientifiques ont demandé de mettre fin à l’élevage en cage partout dans l’UE. «La recherche scientifique montre que les cages ont des désavantages sévères sur le bien-être animal » et «de meilleurs moyens d’élevage existent».

Même son de cloche du côté des grandes entreprises alimentaires à travers l’Europe : une dizaine d’entre elles, dont Nestlé, Unilever et Ferrero, ont aussi exprimé leur soutien à la fin de l’élevage en cage. Les signataires affirment que «nous partageons les préoccupations des consommateurs, de la société civile et des gouvernements concernant le bien-être des animaux d’élevage».

Les consommateurs sont-ils prêts à payer plus cher ?

Les éleveurs français seraient prêts à produire selon des standards plus élevés mais cela aurait un coût. Pour des poulets élevés en plein air, comme c’est le cas en agriculture biologique ou sous la réglementation du label rouge, le coût de production se multiplierait par deux. Or, plus de 40% du poulet consommé en France est importé car moins cher. En d’autres termes : la volonté des éleveurs serait là, mais pas la demande.

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